Les phares et moi
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1. Ma relation avec les phares, dans la réalité
Mon intérêt pour les phares remonte à ma jeunesse alors que je lisais la bande dessinée
L'ouragan de feu, dans laquelle le phare "vedette" a été inspiré de celui d'Ar-Men. Les phares de Bretagne

m'ont toujours fasciné depuis. Par exemple, lors de ma tournée en vr de cette région, le phare du
Créach, sur l'ile de Ouessant, était sur ma liste de visites "obligatoires".
En 1982 je me suis intéressé aux phares du Saint-Laurent par obligation professionnelle, étant devenu directeur du Musée de la mer, qui s'installait alors sur le site historique du troisième phare de Pointe-au-Père. Un de mes premiers projets fut de faire appel à l'historien Jean-Charles Fortin pour tracer un historique des phares de la région, en particulier celui de Pointe-au-Père, qui fut publié dans la
Revue d'histoire du Bas-Saint-Laurent. Fallait ben savoir de quoi on parlait dans "mon" site historique!
Note. Les photos suivantes illustrent mes modèles dans le simulateur de vol (sauf l'hélicoptère).

Depuis, j'ai toujours eu un plaisir à découvrir les phares du Québec, le plus mystérieux pour moi demeurant celui de la
Pointe Sud-Ouest à Anticosti.
Mes seuls contacts personnels en relation avec les phares furent 1) Michelle Lavoie, la fille d'Auguste Lavoie, gardien du phare de Pointe-au-Père dans les années 1930-60, 2) notre "voisin" Armand Lafrance, le dernier gardien de ce phare jusqu'en 1988, et 3) un membre de la famille Thibault (Patrice je crois), fils ou dernier gardien de la Bicquette, avec qui je suis allé sur l'ile en compagnie de Georges Arsenault, du Service canadien de la faune, dans le cadre du projet de protection du marais de Pointe-au-Père, une de mes belles réussites. Je me souviens aussi d'un pilote d'
hélicoptère rencontré à un casse-croute à l'ile d'Orléans et qui transitait des techniciens pour les aides à la navigation dans les environs du Cap Tourmente. Vous allez voir, "toute est dans toute"!
Je me souviens aussi de ces jasettes avec Armand (originaire de l'Ile-Verte village), qui me racontait ses séjours au phare de la Pointe Heath, complètement à l'est d'Anticosti. Lui et sa Madeleine ne recevaient du ravitaillement que deux fois par année. Deux ans tous seuls tous les deux... ouf! Pas surprenant qu'ils ne fréquentaient pas beaucoup les voisins à Pointe-au-Père...
2. Le maquettisme
Par ailleurs, j'ai toujours été intéressé par les maquettes. D'abord les autos, puis les avions et enfin les navires, j'en ai « collé » plus que la normale!
Phare de la Pointe-de-la-Prairie (Ile-aux-Coudres)
En visitant plusieurs musées historiques je constatai qu'une excellente manière de représenter un site du passé était de le reproduire en forme de diorama, soit une maquette qui le reconstitue, avec bâtiments, structures et environnement.
3. Les dioramas
Vers 1984 l'idée me vint donc de faire réaliser un diorama du site historique de Pointe-au-Père, d'après un article de Paul Lemieux :
Les installations maritime à Pointe-au-Père en 1910. Le diorama fut en grande partie réalisée par Serge Guay, qui deviendra plus tard directeur du Site historique maritime de Pointe-au-Père.
En
1984, hé oui, l'année de l'évènement Québec 1534-1984, où j'avais présenté à Québec une exposition de maquettes de navires et une
conférence sur la pertinence de regrouper entre autres les gestionnaires touristiques de phares... surtout pour éviter la redondance d'informations.
Les dioramas sont aujourd'hui souvent remplacés par des réalisations 3D, encore plus immersives et beaucoup plus "transportables", surtout avec casque de réalité virtuelle . Je n'y ai pas échappé...
4. Virage techno de la modélisation
En 1989 je m'étais procuré un ordinateur pour écrire ma pièce de théâtre
Quatorze minutes pour l'Empress, dans le cadre du 75e anniversaire de ce célèbre et tragique naufrage. Immédiatement, j'ai aussi acquis mon premier simulateur de vol (c'est un logiciel, un comme "jeu vidéo", qu'on installe dans notre ordi et auquel on peut joindre divers périphériques comme des manettes, un volant etc. et qui nous permet de piloter des avions, virtuellement). Assez tôt je me suis demandé comment je pouvais modifier les avions et autres objets, qui étaient à cette époque assez rudimentaires. Au fil du temps et des versions les simulateurs se sont raffinés et des outils sont apparus pour permettre d'y apporter des modifications tierces. Un nouveau loisir s'offrait à moi!
Phare de Pointe-des-Monts
Le simulateur, bien qu'il couvre la terre entière, ne reproduit pas exactement tous les bâtiments. C'est là que nous, la communauté des développeurs, intervenons et modélisons diverses structures identiques aux réelles (nous créons des« scènes », des « ajouts », appelés aussi des « mods » ou des « addons »). Nous les plaçons sur des sites de distribution d'où les pilotes virtuels du monde entier (entre 12 et 20 millions...!) les téléchargent et les installent dans leur simulateur, afin que tous voient la même réalité reconstituée.
Le Bella Desgagnés au large de Pointe-au-Père
Comme je tenais à ce que les pilotes virtuels découvrent notre Québec tel qu'il est, avec différents logiciels de modélisation 3D et de traitement graphique j'ai débuté ma « carrière » de développeur pour simulateur de vol, en commençant par des bâtiments d'aéroport, pour les rendre semblables aux réels.
5. La collection de phares virtuels
Ma collection de phares du Saint-Laurent fut amorçée vers 2004. Malheureusement,

les nouvelles mises à jour du simulateur rendirent obsolète ma première version et la recommencer ne faisait pas partie de mes projets.
Un jour je reçu un courriel d'un marin français à la retraite qui me demanda une mise à jour de ma collection pour la rendre compatible avec la nouvelle version du simulateur. Je lui répondit que c'était une tâche assez lourde, l'ayant déjà fait une fois. Il me répondit qu'il était très vieux, qu'il avait navigué sur le Saint-Laurent et qu'il aimerait bien en revoir les phares, virtuellement, dans son simulateur de vol. Décembre approchait et "l'esprit de Noel" m'envahit. Ce fut mon projet des Fêtes 2010! Le monsieur fut ben content.
Une toute nouvelle version du simulateur fut lancée en 2020, entraînant une toute nouvelle programmation. Fort heureusement je disposais d'outils logiciels pour convertir facilement et rapidement ma collection 2010 pour la version 2020 (sinon j'aurais tout laissé tomber!). Le nouveau simulateur me permit en plus d'ajouter des feux dans mes phares, que j'ai programmés pour que chacun ait son vrai code lumineux, selon un
document officiel de la garde côtière. À Pointe-au-Père, il y a deux phares qui clignotent dans mon simulateur, celui de 1909 et la tour à claire-voie plus récente. Je sais qu'ils n'illuminent plus le ciel nocturne de mon ancien patelin, mais la nostalgie…
Carte de mes phares dans le simulateur
Cette
capture vidéo dans le simulateur FS2020 (à regarder de préférence sur grand écran en haute résolution) permet de voir les feux suivants : Cap-de-la-Tête-au-Chien, Ile-du-Pot-à-l'eau-de-vie, Ile-Verte, Ile-Rouge et Haut-Fond-Prince.

J'ai aussi dû apporter des corrections au simulateur même, alors que les créateurs avaient placé le phare du Haut-Fond-Prince au mauvais endroit. Dans ma collection des phares, il est exactement au bon endroit (et j'ai supprimé le phare natif).
6. Autres modélisations
Je ne modélise pas seulement des phares. J'ai plus d'une centaine d'aéroports modélisés, des collections d'avions et de véhicules statiques, des baleines, des navires etc. bref tout pour rendre le survol virtuel du fleuve plus réaliste et immersif. On me dit un des plus prolifiques développeurs pour le Québec.
Québec-FSXX, mon site de distribution, est parmi les plus populaires au Québec pour les aéroports et autres "scènes" dans les simulateurs de vol FSX, FS2020 et FS2024. Passionné dites-vous?
Bien entendu j'ai modélisé l'Empress of Ireland, le Storstad et l'Euréka. J'ai même tenté de reproduire l'accident mais je me suis heurté aux limites du simulateur… et aux miennes! J'ai tout de même réalisé une
petite vidéo sur ce que le commandant du paquebot aurait dû faire pour ne pas que cette nuit devienne si tragique.
L'Empress of Ireland au large du Bic
Un jour je me suis mis en œuvre de modéliser le
site de Pointe-au-Père vers 1914. Une reprise de la maquette de Serge en 1983, mais sur ordinateur! Je profitais du fait que le simulateur m'offrait le relief et le « fond de terrain ». Il ne me restait plus qu'à y ajouter les objets. Cela m'a entre autres permis de rappeler les rôles des différents bâtiments et annexes. J'ai toujours eu ce petit côté interprète naturel ou patrimonial. La page fut même utilisée par le Site historique maritime de Pointe-au-Père.
Le site maritime de Pointe-au-Père vers 1914 (dans une ancienne version du simlateur de vol)
J'ai été guide interprète lors de deux mini-croisière sur le fleuve (dont une avec Donald Tremblay sur son St-Barnabé). Je traînais ma carte et un compas et avec les passagers je m'amusais à positionner le navire à l'aide du relèvement des phares dont on voyait le feu.
Au fil de mes voyages j'aime bien revoir le signal lumineux des phares du Saint-Laurent. J'ai cependant été déçu de ne pas voir celui de Pointe-des-Monts lorsque je suis passé au large en septembre 2024 sur le Bella Desgagnés. Comme d'autres il a perdu son éclat… lumineux. Mais, comme d'autres, il brille toujours dans l'histoire maritime du Québec... et dans mon simulateur de vol!
Les phares dans le simulateur
Fleuve et golfe Saint-Laurent
Anticosti
Iles-de-la Madeleine
Saint-Pierre et Miquelon
Notes techniques
J'utilise des outils de modélisations qui sont quelque peu dépassés, même dans la communauté des développeurs pour le simulateur de vol, et rien à voir avec ceux des développeurs de jeux actuels.
Je réussis tant bien que mal à réaliser et publier ce que je veux.
Mes phares sont le résultat de mes recherches sur le terrain et sur le web. Ils ne sont pas tous à l'échelle exacte mais s'y rapprochent, tout comme leur forme et leur revêtement, qui sont réalistes mais pas parfaitement identiques.
Je suis ce qu'on appelle un développeur de type réaliste; mes réalisations doivent être reconnues par le pilote virtuel. Par exemple lorsqu'il atterrit à Mont-Joli il doit se dire : "Hein, c'est donc ben ressemblant!". J'ai alors atteint mon but. Il existe aussi des développeurs de type "n'importe quoi", dont les réalisations sont... n'importe quoi, et des développeurs de type "perfectionnistes", qui vont modéliser jusqu'au moindre détail. Chacun donc son style.
Comme j'ai toujours travaillé, de près ou de loin, dans la vulgarisation, l'information et l'éducation, mes réalisations visent aussi à faire connaître des bâtiments, des lieux, des navires etc. Ma principale motivation est le plaisir de développer. Viens ensuite la volonté de rendre le simulateur plus réalistes, puis la satisfaction des utilisateurs de mes scènes.
Les ami.es des phares du Saint-Laurent
En septembre 2026 j'ai assisté à l'assemblée générale des
Amis des phares du Saint-Laurent, qui regroupe des gestionnaires et des amateurs passionnés de phares. J'y ai rencontrés plusieurs personnes qui ont recoupé ma carrière comme directeur de musée, comme défenseur de la nature et comme coordonateur touristique.
J'ai connu Patrick Matte,
photographe de phares. Il est le fils d'un pilote virtuel de mes connaissances. Je l'ai écrit plus haut : Toute est dans toute!
J'ai surtout découvert une affiche de François Prévost,
photo-vidéaste de phares, qui illustre tous les phares du Saint-Laurent à l'échelle. Depuis, l'idée de recommencer ma collection avec plus de précisions jongle dans mes pensées...!